Synthèse des évènements dans le gouvernorat de Rif Dimashq

Gouvernorat de Rif Dimashq

Rif Dimashq (2 273 000 hab.)

Rif Dimashq (2 273 000 hab.)

Suite aux manifestations qu’a connu Rif Dimashq à partir d’Avril 2011, l’armée isole les districts abritant les protestations. Cela commença par Douma, suivie par d’autres villes telles que : Moadamyeh, Darayya, Zabadani, Kanaker, Kiswah ; et des banlieues de Damas (Irbin, Zamalka, Saqba, al Midan, Qadam, Hajar al-Aswad, Qaboun, Salhiyah, Harasta, et al Mizah).

Même si le régime parvient à réduire considérablement l’ampleur des manifestations, des protestations sporadiques ont toujours lieu.

Ce n’est par contre qu’en Janvier 2012 que des défectionnaires et des volontaires de la région prirent les armes sous la bannière de l’ASL. De ce fait, vers la fin de ce mois, les révolutionnaires parviennent à contrôler Douma et Zabanadi et d’autres villes/localités (Saqba, Harasta, Hamouriya, Kfarbatna et Ain Tarma).

Le 30 Janvier, le régime récupère tous ces territoires sous son joug, suite à une offensive militaire majeure.

Al-Zabadani (40 500 hab.) : proche de la frontière libanaise, la ville revêt une importance stratégique pour les intérêts iraniens dans la région car étant un centre logistique de leurs « Gardiens de la Révolutions » pour soutenir le Hezbollah.

Avec l’augmentation des manifestations dans la région durant l’année 2011, l’armée fait son entrée pour mater les protestations, le 7 janvier 2012, puis le 13. La dernière offensive de l’armée obligea l’ASL à intervenir pour protéger la ville. Leur résistance acharnée renforcée par les nouvelles vagues de désertions oblige donc les assaillants à respecter un cessez-le-feu le 18, leur cédant alors le contrôle de Zabadani. Elle devient ainsi la première ville à être libérée par l’ASL dans tout le gouvernorat.

La situation resta tendue mais calme pendant trois semaines à peu près, jusqu’au 4 Février. Ce jour là, des dizaines de blindés (dont des chars de combats), avec l’appui de l’artillerie, pilonnèrent les zones urbaines pendant 7 jours d’affilée. Suite à quoi, l’ASL fut obligée de se retirer, laissant le champ libre à l’appareil sécuritaire pour une nouvelle campagne d’arrestations contre les habitants de Zabadani et la petite localité avoisinante au sud, Madaya.

Les victimes civiles suite aux bombardements de Janvier et Février s’élèveront au final à quelques 120 morts au moins.

Char T-62 calciné à Zabadani

Des accrochages entre ASL et l’armée du régime eurent lieu cependant durant le mois suivant de Mars. En Mai, le contrôle du régime sur la ville faiblit de nouveau, se contentant des bâtiments gouvernementaux et des barrages contrôlant les routes d’accès à la zone urbaine.

En Août, profitant de l’embourbement de l’armée assadienne dans d’autres fronts (Damas, Alep, …), les révolutionnaires parviennent à récupérer la majeure partie de Zabadani (au moins 70%).

Douma (317 500 hab.) : lieu où de nombreuses manifestations anti-régime se déroulèrent en 2011.

Lorsque l’ASL prend les choses en main à Rif Dimashq, Douma devient la seconde ville à être sous leur protection, après Zabadani, le 21 Janvier 2012. Les résistants armés érigent pour cela des barrières de sacs de sable et protègent les manifestions et les funérailles des résidents.

Le lendemain, des troupes assadiennes pénètrent le périmètre de la ville et des accrochages ont lieu. Le 25, des renforts constitués de blindés appuient le reste des troupes pour qu’ils puissent finalement investir la ville le 30. Par la suite, les forces de sécurité lancent une grande vague d’arrestations parmi les habitants (par centaines).

Quelques poches de résistance subsistèrent néanmoins jusqu’à fin Juin 2012. Puis lorsque les révolutionnaires s’en retirèrent, les chabihas y ont pénétré et commis un massacre à l’encontre de plus d’une cinquantaine de résidents (dont des familles et des enfants).

Quelques victimes civiles du massacre de Douma en linceuls (Juin 2012)

Quelques victimes civiles du massacre de Douma en linceuls (Juin 2012)

A la mi-Octobre de l’automne suivant, l’ASL revient à la charge et parvient à reprendre Douma aux prix de violents combats et de bombardements de la part de l’armée contre les quartiers libérés. Depuis lors, le régime lance régulièrement des attaques pour essayer de la réoccuper.

Kafr Batna (22 500 hab.) : également un lieu contestataire, Kafr Batna est attaqué par le régime le 29 Janvier 2012, appuyé par des chars, pour en chasser les combattants de l’ASL protégeant les manifestations. Le raid causa la mort de 14 civils et 5 combattants.

Darayya (79 000 hab.) : dès le début de la révolution syrienne, cette ville au sud de Damas devint un lieu important de manifestations anti-régime. Lorsque des centaines d’habitants furent arrêtés, d’autres prirent les armes. Cela força les forces de sécurité et les moukhabarat à se retirer en Juin 2012. Darayya devint donc un bastion de l’ASL fort de quelques 3000 combattants. Ils avaient une position stratégique à la bordure de l’aérodrome militaire d’al Mizah utilisé par le régime pour ses frappes aériennes. Il était devenu pour ainsi dire à la portée de leurs tirs de mortier et de roquettes.

A la mi-Août, un barrage militaire à l’extérieur de Darayya est pris pour cible par les résistants armés. Ils réussirent à abattre une trentaine de soldats.

Il n’en fallait pas plus pour le régime pour pilonner la ville continuellement pendant quatre jours consécutifs (du 20 au 23), causant la mort de dizaines de résidents. Puis il mobilisa une force importante (des centaines d’hommes avec blindés et hélicoptères) et partit à l’assaut le 24 Août, rencontrant peu de résistance.

Le jour d’après, on découvre les premières dizaines de victimes du massacre de Darraya. Les chabihas, soutenus par l’armée, ont procédé à des fouilles de maisons et arrêtèrent plusieurs dizaines de personnes qui seront exécutées dans des sous-sols. D’autres furent exécutées à même la rue ou dans leurs domiciles, par balles, par arme blanche ou baïonnette. On dénombre 400 victimes à peu près (sans compter ceux morts lors du bombardement), dont des femmes, des enfants et des familles entières. Une punition collective pour ceux qui osent abriter les « gangs armés soutenus par l’étranger ».

La chaîne pro gouvernementale, « Al Dounya », n’hésita pas à exploiter ces scènes d’horreur et de désolation pour filmer un  « reportage » sous escorte armée,  ne respectant aucune éthique journalistique ou humaine (scènes choquantes, interview de blessés avant les secours, enfants rescapés en état de choc, …).

Résidents devant les corps de leurs proches massacrés à Darayya (Août 2012)

Résidents devant les corps de leurs proches massacrés à Darayya (Août 2012)

Un autre raid de chabihas, le 27, conduisit à la mort de victimes civiles supplémentaires.

Assal al Ward (6 000 hab.) : ce village frontalier avec le Liban voisin tombe entre les mains de l’ASL en Juin 2012.

Ma’arrat al Bash : cette localité est libérée par l’ASL en Juin 2012.

Al Tal (60 000 hab.) : située au milieu de la chaîne de montagnes de l’anti-Liban, cette ville devint une base arrière de l’ASL en Juillet 2012. Lors de l’opération « Volcan de Damas », plusieurs bâtiments gouvernementaux ont été occupés par les révolutionnaires ayant fait une quarantaine de soldats prisonniers et qui ont saisi une quantité d’armes et de munitions.

Au début du mois d’Août, la ville est fréquemment bombardée par le régime qui décide de l’encercler suite au kidnapping de 3 « journalistes » gouvernementaux le 11 du même mois.

Après l’entrée des troupes assadiennes en ville le 17 pour récupérer les otages, le Conseil National Syrien (CNS) déclare al Tal zone sinistrée. On y trouva les cadavres de 58 civils exécutés suite à l’opération.

Résidants et révolutionnaires d’al Tal essayant de secourir les blessés sous les bombardements du régime (Août 2012)

Al Hajar al Aswad (96 500 hab.) : cette banlieue de la capitale devint l’un des derniers lieux abritant des poches de résistance de l’ASL pendant l’opération « Volcan de Damas ». Les troupes d’al Assad en délogent les derniers résistants le 27 Juillet 2012.

Des accrochages en éclaté le 30 Octobre à al Hajar al Aswad et se sont répandus dans le camp palestinien adjacent de Yarmouk.

Moadamiyat al Sham (53 000 hab.) : après une opération militaire de deux jours contre cette banlieue de Damas vers la fin Juillet, l’armée revint à la charge le 20 Août. Alors que la première coûta la vie à 120 personnes, la seconde en causa 86. La moitié d’entre eux furent exécutés pour être suspectés d’appartenir à l’ASL.

A partir de début Novembre, l’ASL revint de nouveau et tenta de récupérer la banlieue.

Sayidah Zaynab (136 500 hab.) : la ville tire son nom du mausolée (lieu saint chiite) abritant supposément la tombe de Zaynab, fille d’Ali (gendre et cousin du Prophète) et de Fatima (fille du Prophète).

En juillet 2012, le régime y renforce sa présence militaire.

Quelques mois plus tard, à partir du 25 Novembre, les premiers combats entre l’ASL et les forces assadiennes y surviennent.

Qatana (18 500 hab.) : l’armée fouille les maisons de résidents suspectés par le régime le 21 Août 2012.

Le 25 Septembre, des blindés font leur entrée et tirent sur des habitations locales.

En mi-Octobre des obus émanant des positions de l’armée pleuvent sur Qatana.

Kodsaya (33 500 hab.) : le 24 Août 2012, l’armée pénètre cette petite ville de Rif Dimashq sous la couverture de tirs nourris.

Au premier Octobre de l’automne suivant, des militants anti-régime sont arrêtés puis exécutés.

Yabroud (26 000 hab.) : au 25 Septembre 2012, puis au 5 Octobre suivant, cette ville fut bombardée par le régime.

Harasta (69 000 hab.) : des chars de l’armée assadienne pénètrent la ville fin Septembre 2012. Vingt jours plus tard, l’ASL investit cette zone urbaine et tint ses positions malgré les bombardements.

Finalement, les résistant armés parviennent à nettoyer les barrages militaires alentour, libérant ainsi la ville de l’emprise du régime.

Paysage de ruine et de désolation à Harasta suite aux bombardements du régime (Octobre 2012)

 

– Arbin (45 000 hab.) : En Juillet 2012, Arbin ainsi qu’un nombre de banlieues et villes satellites autour de Damas tomba entre les mains de l’ASL. Ces derniers redoublent d’efforts en Novembre pour en chasser les forces du régime.

Dégâts considérables à Arbin suite aux bombardements du régime (Novembre 2012)

Dégâts considérables à Arbin suite aux bombardements du régime (Novembre 2012)

– Zamalka (44 500 hab.) : En Juillet 2012, Zamalka ainsi qu’un nombre de banlieues et villes satellites autour de Damas tomba entre les mains de l’ASL. Ces derniers redoublent d’efforts en Novembre pour en chasser les forces du régime.

Jaramana (114 500 hab.) : ville mixte avec une majorité chrétienne et Druze. Elle est une destination importante pour les réfugiés irakiens (principalement des Assyriens).

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