Synthèse des évènements dans le gouvernorat d’Idlib

Gouvernorat d’Idlib :

Idlib (1 464 000 hab.)

Idlib (1 464 000 hab.)

 

L’ASL, constituée de déserteurs pour la plupart, a eu divers accrochages avec les forces gouvernementales dans ce gouvernorat depuis Octobre 2011 (notamment à Jabal al Zawiya). Cela n’a pas interdit les manifestations et les défections de se poursuivre, même si elles sont régulièrement prises pour cible par les forces du régime. A la tête de ces évènements le massacre de Jabal al Zawya en Décembre 2011, qui coûta la vie à 200 civils et 80 déserteurs au minimum. Cependant, durant cette même période, l’ASL a pu sécuriser quelques villages qui serviront plus tard de bastions et de refuges pour les protestataires civils pourchassés.

Inutile de préciser que l’armée s’attaque systématiquement à toutes ces régions soupçonnées d’abriter des opposants et des tueries contre les habitants y sont commis.

Entre Mars et Avril 2012, l’armée lance une importante opération  visant à annuler les gains de l’ASL des mois précédents. C’est la 76ème brigade blindée (forte de 90 chars de combat) qui s’en charge, mais le succès n’est que partiel ou temporaire selon les cas.

Ma’arat al No’man (58 000 hab.) : située de nos jours sur l’autoroute (M5) reliant Hama et Alep, elle est tristement célèbre pour avoir été par le passé le théâtre d’une extermination systématique de ses 8 000 habitants cannibalisés par des hordes de croisés fanatiques en 1098.

Aujourd’hui, elle ressurgit de l’indifférence, lorsque l’ASL y réussit ses premières embuscades contre des dizaines d‘éléments des forces d’al Assad en Octobre/Novembre 2011.

Par la suite, elle est brièvement libérée entre Décembre 2011 et Janvier 2012, puis entre Juin et Août 2012, avant qu’elle ne soit reprise par les forces gouvernementales.

Cependant, à partir du 8 Octobre, elle est sujette à un assaut plus important de la part de l’ASL dû à son importance stratégique, puisqu’elle constitue un passage obligé aux convois de logistique et de renforts assadiens se dirigeant à Alep.

A leur entrée en ville, les révolutionnaires armés y découvrent que le Musée de la Mosaïque a été transformé en QG par l’armée. Le Centre Culturel Arabe quant à lui était devenu un centre de détentions et de torture où ils y découvrent les cadavres de 65 victimes dont 50 déserteurs.

Suite à quoi Ma’arat al No’man devint la cible de raids aériens et de pilonnages à partir de la base militaire « Wadi Dayf » tout juste à l’est de la ville. Des dizaines de victimes civiles, dont des femmes et des enfants y périssent pendant plus d’une semaine.

A partir du 11, l’ASL répond par des attaques contre la base militaire à l’aide de mortiers, RPGs, et au moins un tank préalablement capturés. Elle est encerclée de trois côtés depuis le 20, alors que les 250 à 500 soldats assiégés ne reçoivent plus de ravitaillement qu’à partir des parachutages aériens qui n’atteignent pas toujours leurs destinataires.

Les renforts du régime (colonnes de chars et de blindés) qui arrivent par le sud sont toujours bloqués car les révolutionnaires contrôlent pas moins de 5 Km du tronçon de l’autoroute qui passe par la région.

En prenant cette base, l’ASL peut protéger son flanc pour avancer vers Jisr al Choughour. En même temps, cela permettra de couper définitivement la route d’approvisionnement venant de Damas vers Alep, ne laissant que celle venant du port de Lattaquié.

 

Base de Wadi Dayf encerclée à Ma’arat al No’man (présence de l’ASL en vert)

Base de Wadi Dayf encerclée à Ma’arat al No’man (présence de l’ASL en vert)

 

Le 27 Octobre et malgré le cessez-le-feu annoncé, le régime pousse ses renforts de plus en plus vers la ville pour essayer de rompre le siège du complexe militaire. Les révolutionnaires peinent à les contenir.

 

L’ASL à Ma’arat al No’man (Octobre 2012)

 

Jisr al Chughour (44 000 hab.) : en Mars 1980, cette ville frontalière au nord connut la colère du régime du Baath, ce qui poussa ses habitants à se révolter et à occuper la caserne locale et les locaux du parti. Une révolte qui sera écrasée par les forces spéciales syriennes et se solda directement par la mort de 200 personnes et des dizaines d’autres captifs exécutés.

Aujourd’hui, elle est l’une des villes à avoir été parmi les premières à être ciblées par le régime après les protestations du début Juin 2011. Les forces de sécurité ont été mobilisées en masse pour réprimer les manifestations dans le sang. Deux jours plus tard, les premières mutineries au sein même de cet appareil sécuritaire surgirent. Résultat : un chaos qui a causé pas moins de 120 morts parmi ses rangs.

Les premiers milliers de réfugiés fuirent vers la Turquie.

A partir du 12, quelques 200 véhicules militaires de la 4ème Division blindée comprenant des chars et des hélicoptères encerclèrent et commencèrent leur attaque contre le centre urbain en proie à la révolte contre le régime. Ils sont soutenus par quelques 200 combattants Houtis (secte chiite) venus du Yémen.

Quelques mois plus tard, entre Décembre 2011 et Janvier 2012, les membres de l’ASL commencèrent à occuper les premières positions clé. Vers le mois de Juin, l’ASL contrôle la majeure partie de la ville, mais l’armée assadienne garde toujours certaines positions sur la périphérie. Des accrochages surviennent en Septembre et en Octobre pour en assurer le contrôle décisif.

 

Binnich (35 000 hab.) : connut des protestations importantes et fréquentes dès début d’Avril 2011. Les premiers accrochages armés eurent lieu pendant le mois d’Octobre de la même année. Ensuite, l’ASL prend entièrement le contrôle de la ville entre décembre 2011 et Janvier 2012. Après la chute d’Idlib en Mars 2012, l’armée a immédiatement fait savoir qu’elle était la prochaine sur la liste. Ainsi, le mois suivant, des chars et des hélicoptères ont été mobilisés pour le combat. Cela leur a pris des semaines pour le contrôle total puisque la ville se situe dans les hauteurs.

 

Kafranbel (15 000 hab.) : pendant la période entre Décembre 2011 et Janvier 2012, l’ASL en prend le contrôle. Puis elle sera occupée par les forces du régime.

Le 11 Août 2012 les révolutionnaires en reprennent le contrôle après 4 jours d’affrontements et essayent tant bien que mal de rétablir l’eau, l’électricité, les communications et certains commerces vitaux.

 

Khan Chaykhoun (53 000 hab.) : est libérée en Janvier 2012. Cependant en Juillet, une force miliaire importante soutenue par des hélicoptères d’attaque parvient à occuper la ville. Suite à quoi, plusieurs maisons sont incendiées par les troupes et des dizaines d’habitants sont arrêtés.

 

Kharabat al Joz (1 600 hab.) : ce village frontalier a vu ses manifestations réprimées en Juin 2011 par une force militaire soutenue par 40 véhicules de combat.

Le 6 Octobre, l’ASL composée de volontaires exilés du village et de la région parvient à reconquérir le patelin situé sur les hauteurs après 12 heures de combats et la perte de 9 de ses membres. Les anciens occupants chassés comptent pas moins de 40 soldats morts (dont 5 officiers) à déplorer.

 

Ma’arat Masrin (17 500 hab.) : en Décembre 2011, la ville a vu au moins une vingtaine de ses habitants abattus par les forces de sécurité lors des manifestations ou des funérailles qui ont suivi. Suite à quoi, des défectionnaires abattent à leur tour 7 membres d’un convoi des forces de sécurité dans la région.

 

Sararaqib (32 500 hab.) : ville considérée comme étant d’importance stratégique puisque classée la seconde par sa taille après Idlib. Elle est aussi un nœud où se joignent deux autoroutes qui se dirigent vers Alep (la M4 et la M5).

Même s’il est sûr que les manifestations débutèrent entre Mars et Avril 2011, l’ASL n’a pu formellement la libérer qu’à la période entre Décembre 2011 et Janvier 2012. Puis elle devint un site idéal pour les attaques contre des convois militaires venant de Damas et Lattaquié.

Cependant une dizaine de jours après la chute d’Idlib en Mars 2012, la ville est à son tour envahie par une colonne de blindés et des troupes au sol soutenues par des snipers (76ème brigade blindée).

La coalition regroupant l’ASL et l’Armée de Libération Syrienne avec son manque crucial de matériel n’a d’autre choix que de se retirer. Néanmoins, en Juillet de la même année, elle y retourne pour en récupérer la majeure partie, alors que les chabihas et autres loyalistes restent cantonnés dans des barrages aux alentours.

En Octobre, l’ASL intensifie ses attaques contre les barrages militaires entourant Saraqib. Le dernier d’entre eux tombe le 2 Novembre suivant, libérant ainsi la ville de l’emprise du régime.

 

Butin de guerre saisi d’un barrage militaire à Saraqib (Octobre 2012)

 

Sarmin (14 500 hab.) : si Sarmin était déjà sous contrôle de l’ASL début 2012, elle fut réoccupée par l’armée lors de son opération d’envergure dans le Gouvernorat d’Idlib entre Mars et Avril 2012. Il a été rapporté que la mosquée de Sarmin est sévèrement endommagée.

 

Idlib (98 000 hab.) : eut à déplorer la mort de plus de 250 de ses citoyens les 19 et 20 Décembre 2011. Ce qui suscita plusieurs tentatives de l’ASL pour libérer la ville. Ces tentatives aboutirent finalement le 12 Février 2012. Ils eurent ensuite à préserver leurs gains contre les attaques de l’armée pro gouvernementale durant quatre semaines.

Le 10 Mars 2012, l’armée lance une opération militaire impliquant deux ou trois brigades comprenant une quarantaine de chars et plus de 120 autres véhicules blindés (généralement des BMPs).

Durant toute la journée et jusqu’à la tombée de la nuit le centre urbain est violemment pilonné.

Le deux jours suivants, la résistance acharnée ne suffit pas à arrêter le flux des véhicules de combats (5 ou 6 seront détruits) et d’infanterie.

Une trentaine de soldats et deux chars avec leur équipage se joignirent à l’ASL qui fut forcée de battre en retraite (vers Binnich essentiellement).

Plus des deux tiers des victimes (une centaine) sont des civils qui ont péri sous les bombardements et les tirs des snipers dispersés un peu partout dans les quartiers occupés.

Les soldats pro Assad procèdent à des dizaines d’arrestations (150 au moins). Ils se livrent aussi à des actes de pillage des magasins et des habitations alors que des milliers de citoyens ont pu fuir de la ville.

Un mois plus tard, après l’élimination de plus d’une vingtaine de civils par l’armée, l’ASL toujours présente dans les environs la confronte de nouveau par les armes. En conséquence, certaines parties périphériques de la ville sont bombardées par le régime. Le nombre de civils ayant péri durant la reprise des combats ne peut être vérifié.

Actuellement, l’ASL occupe toujours les alentours et certaines parties périphériques d’Idlib.

 

Taftanaz (8 500 hab.) : depuis Avril 2011, Taftanaz a été le théâtre de plusieurs manifestations anti- régime successives auxquelles les forces de sécurité ont répondu par des descentes musclées.

Le 3 Avril, la 76ème brigade blindée lance un assaut pour en chasser l’ASL forte de quelques 200 hommes. Elle réussit, après deux jours de violents accrochages n’hésitant pas à tirer sur les abords de la ville par les canons de ses chars.

Les deux tiers des habitants ont fui vers la Turquie alors que l’armée se livre à des pillages et des exécutions sommaires.

Cependant, 9 chars ont été détruits lors de leur retrait de ce qui restait de Taftanaz. A partir du 5 Septembre 2012, l’ASL déclare avoir mis hors service la base aérienne à l’extérieur de la ville. Elle réitère son attaque le 3 Novembre.

 

Bombardier Su-24 lâchant des bombes à Taftanaz (Novembre 2012)

 

Darkouch (5 000 hab.) : située à deux pas de la frontière Turque, cette localité passa sous contrôle de l’ASL au début de l’été 2012 avant qu’elle ne la perde quelque temps après.

A la mi-Octobre suivante, elle retomba entre les mains de l’ASL.

 

Alini (3 500 hab.) : l’ASL parvient à contrôler ce village en Juin 2012.

En Septembre il retombe entre les mains du régime, mais les révolutionnaires le récupèrent en Octobre. Il sera libéré aux côtés des villages frontaliers de Hayr Jamous, Kafrinnah, Jisr al Maksour, et Ayn Bakara. Plusieurs soldats sont fait prisonniers.

 

Arihah (40 000 hab.) : une fois que l’ASL eut le contrôle de cette ville, elle a dû repousser plusieurs assauts combinés lancés par le régime (blindés, artillerie, hélicoptères) entre Mars et Juillet 2012. Ils doivent finalement se retirer le 11 Août, pour y revenir quelques jours après.

L’autoroute M4 reliant Lattaquié à Alep passe par les limites nord d’Arihah. De ce fait, le régime se voit obligé d’attaquer régulièrement la ville et les positions des révolutionnaires à l’intérieur. Ceci pour les empêcher de porter leur regard sur ce dernier corridor vital pour leurs troupes à Alep après le blocage de la M5 (voir Ma’arat al No’man).

 

Al Dana (14 000 hab.) : l’une des nombreuses localités frontalières d’Idlib. Les derniers occupants pro régime en furent chassés depuis Juillet 2012.

 

Azmarin (4 000 hab.) : au début de l’été 2012 ce village frontalier passe sous contrôle de l’ASL qui s’en retire quelques temps après, avant d’y retourner à la mi-Octobre suivante.

Les fuyards de l’armée assadienne passent de l’autre côté de la frontière Turque où ils y sont arrêtés par les autorités.

L’ASL de la région est commandée par un médecin urologue de profession.

 

Armanaz (10 000 hab.) : il est rapporté que depuis le 20 Juin 2012 l’ASL parvient à libérer Armanaz après des semaines d’accrochages.

 

Bab al Hawa : un passage frontalier utilisé fréquemment par les réfugiés syriens pour se diriger au camp de Reyhanli en Turquie. La région est aussi un passage prisé par les contrebandiers (gaz et carburant avant la révolution).

Le 19 Juillet 2012, l’ASL contrôle Bab al Hawa. Et depuis, elle en assure la gestion quotidienne et attaque tout véhicule ou hélicoptère de l’armée cherchant un moyen de récupérer le passage (mi-Août 2012).

 

 

Portrait de Bachar se faisant défigurer à Bab al Hawa

Portrait de Bachar se faisant défigurer à Bab al Hawa

 

 

Harem : située exactement sur la frontière turque à 55 km à l’est d’Alep. Elle est libérée par l’ASL en Octobre 2012. Ils réussissent à encercler le reste des troupes assadiennes à l’intérieur du fort médiéval.

 

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