Synthèse des évènements dans le gouvernorat de Hama

Gouvernorat de Hama :

 

Hama (1 593 000 hab.)

Hama (1 593 000 hab.)

 

Hama, la capitale de ce gouvernorat, a déjà connu le soulèvement contre le régime plus d’une fois. D’abord en 1964 après le coup d’état du parti Baath, puis entre 1976 et 1982. La date de Février 1982 restera la plus sanglante et la plus catastrophique de toute l’histoire de la Syrie moderne avant la révolution.

Depuis le début de la résistance armée en Septembre 2011, l’ASL n’a réussi à libérer formellement que les régions avoisinantes au Gouvernorat d’Idlib au nord. Les opérations de guérilla contre l’armée se poursuivent toujours dans les régions non administrées par les révolutionnaires.

Hama (700 000 hab.) : malgré les douloureux souvenirs que garde la population de la « ville des Norias » suite aux destructions et aux massacres des années 1980, les citoyens libres de Hama n’hésitent pas à briser le silence et à prendre l’initiative depuis Mars 2011. Celle-ci atteint son apogée le 1er Juillet 2011, avec une manifestation regroupant près plus de 100 000 personnes venant de Hama et ses environs.

 

Manifestation « monstre » à Hama (Juillet 2011)

 

Deux jours plus tard, en réponse à la manifestation monstre, l’armée déploie ses blindés. Les forces de sécurité sont responsables de la mort de plus d’une quinzaine de personnes.

Cette répression atteindra un pic le 30 Juillet, avec la mort d’une centaine d’habitants, alors que le bilan de victimes sur tout le territoire fait état de plus de 140 morts. Elle culminera le même été, le 4 Août suivant, avec plus de 200 morts. Le régime bombarde et tire sans discrimination sur les citoyens dans le but de les terroriser.

Suite à ce flot de violence continue, le procureur général de Hama décide de démissionner  le 1er Septembre.

A la mi-Novembre de l’automne suivant, le régime semble avoir réussi à refroidir le rythme des manifestations et à renforcer son contrôle de la ville. Il procède à des arrestations parmi la population et organise des chasses à l’homme contre les défectionnaires. Une multitude de barrages de l’armée parsèment également la ville.

En Décembre, les manifestations reprennent de l’ampleur avant d’être une nouvelle fois sévèrement réprimées par des offensives armées.

L’ASL, qui s’organise depuis quelques semaines déjà, réussit sa première embuscade le 14 Décembre contre une patrouille de l’armée. Cette attaque vient en riposte après que les loyalistes d’al Assad prirent pour cible un véhicule civil en causant la mort de 5 personnes.

Le même jour, les éléments de l’ASL accourent pour stopper l’incursion des soldats pro Assad. Ils réussissent à endommager 2 véhicules blindés au moins durant un accrochage au pont « Hadid ».

Fin Décembre, les premiers observateurs de la Ligue Arabe font leur entrée à Hama coïncidant avec une nouvelle vague de répressions des manifestants.

Le mois de Janvier de l’année 2012 à Hama est marqué par la défection du Colonel Afif Mahmoud Suleima de l’Armée de l’Air ainsi qu’une cinquantaine de ses hommes.

Vers la fin du même mois, des zones sont sous contrôle de l’ASL (Bab Qebli, Hamidiyeh, Malaab, …).

Depuis Février 2012, la brigade al Majd du capitaine Mohammed Khalid al Battal, réussi de temps à autre à mener des attaques ciblant des check points militaires en vue d’affaiblir la présence du régime. L’impact de ces attaques reste toutefois limité par rapport à la performance de l’ASL dans les campagnes avoisinantes.

 

Qala’at al-Madiq : la première localité libérée de tout le gouvernorat depuis Septembre 2011. Les assauts du régime lancés en Février/Mars 2012 par le régime sont repoussés. Alors que les dégâts infligés aux habitations et au fort médiéval historique suites aux bombardements sont considérables.

Le bataillon « Soqour al Ghab » de l’ASL assure l’administration civile et participe à la reconstruction des écoles et la distribution des produits essentiels.

 

 

Trimseh (7 000 hab.) : Suite à une attaque menée par les révolutionnaires contre un convoi militaire aux environs de Hama, le régime décide de reprendre ce village à majorité sunnite.

Le 12 Juillet 2012, une force militaire de quelques 800 hommes est engagée dans une bataille sanglante. Ils sont soutenus par des blindés, des hélicoptères, et des milices de Chabihas.

Des résidents terrorisés par les obus qui pleuvent sur les habitations cherchent refuge à la mosquée et l’école du village. Certains seront abattus dans les rues, d’autres mourront suite à l’effondrement de ces bâtiments sur eux.

Les révolutionnaires équipés principalement  d’armes légères sont submergés par la force ennemie. Ils essuient de lourdes pertes (une cinquante de morts) et sont obligés de battre en retraite.

Les Chabihas qui pénétrèrent le village après le retrait de l’ASL procédèrent à des exécutions sommaires. Un total de 100 à 150 morts (civils et ASL) a été estimé.

 

Mhardeh (17 500 hab.) : une localité chrétienne proche du Trimseh. L’ASL réussit à en prendre le contrôle en Juin 2012 avant que le régime ne la reprenne en Septembre.

 

Al-Suqaylabiyah (17 500 hab.) : en mi-Octobre 2012, la petite localité avoisinante de Karnaz a été violemment pilonnée par des obus et des roquettes à partir du barrage militaire d’al Nahel à al Suqaylabiyah.

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