Synthèse des évènements dans le gouvernorat de Dera’a

Gouvernorat de Dera’a :

 

Dera’a (998 000 hab.)

Dera’a (998 000 hab.)

 

Historiquement parlant, c’est précisément dans la région de Dera’a où tout commença en Mars 2011.

Personne ne se doutait à cette époque qu’un simple graffiti (s’inspirant des révolutions en Afrique du Nord) fait par des écoliers allait enclencher la plus longue et la plus ensanglantée des révolutions arabes. Les connaisseurs les plus endurcis de la Syrie minimisaient énormément l’intensité réactionnelle des Syriens. Ceci naturellement après le choc psychologique vécu durant les années 1980 par l’un des régimes sécuritaires les plus solides et les plus répressifs de l’Histoire.

Ajoutons à cela l’infériorité technique des révolutionnaires et la quasi-absence des aides extérieures face à un régime extrêmement virulent soutenu fortement par ses alliés.

De ce fait, la révolution syrienne mérite largement son titre de « Mère de toutes les Révolutions ».

Le gouvernorat a connu une série d’embuscades effectuées par l’ASL contre les forces pro régime à partir de Novembre 2011. Elle ont ciblé des convois et des check points entre autres.

Les affrontements les plus significatifs s’étant déroulés à Lujah, Hirak, Dael en plus de Dera’a ville et ses environs. Elle ont coûté la vie à plus de 250 loyalistes, une centaine de défectionnaires et plus d’une centaines de civils aux moins.

En Juin 2012, l’ASL contrôle au total le quart du gouvernorat, principalement les parties Est et Ouest.

Dera’a (98 000 hab.) : après plus de quatre semaines de répression sanglante contre les manifestants par les force de sécurité, des éléments de la 4ème Division (42ème brigade) et 5ème Division (12ème, 15ème, 112ème, 132ème brigades) blindées effectuent un blocus total de la ville. Les communications sont coupées avec le monde extérieur dans un premier temps, ainsi que l’eau et l’électricité. La frontière proche entre la Jordanie et la Syrie est fermée.

Des chars encerclent le périmètre autour de la ville et leurs tirs causent la mort de plus de 20 personnes.

Des snipers déployés sur les toits tirent sur tout citoyen homme dans les rues et laissent les femmes se rendre aux échoppes à certaines courtes périodes de la journée.

Le 30 Avril, débute le fameux assaut contre la mosquée « al Omari » d’où les manifestations sortaient après chaque prière du vendredi. Des véhicules de combat ouvrent le feu sur le bâtiment et un commando est déployé par hélicoptères sur le toit. Six personnes sont tuées (dont le fils de l’imam de la mosquée), alors que l’imam et des dizaines de citoyens sont arrêtés.

 

Les chabihas et les soldats investissant la mosquée Omari et acclamant Bachar (Avril 2011)

 

Le 5 Mai l’armée se retire de Dera’a laissant derrière elle quelques unités (blindés et infanterie) pour garder la situation sous contrôle. En même temps, d’autres troupes sont déployées ailleurs, sur la ville côtière de Banyas (Gouvernorat de Lattakkié).

A partir de l’automne 2011, des défectionnaires de l’armée régulière connus sous l’appellation « Armée Syrienne Libre », livrent leurs premiers combats pour protéger les manifestations dans la région d’Idlib.

Les manifestations reprennent de l’ampleur en Février 2012 sous la protection croissante de l’ASL. La réaction naturelle du régime était de répondre par de violents bombardements sur les quartiers civils. Les milices et les forces de sécurité essayent de récupérer certains districts (dont al Balad) protégés par l’ASL. Ces derniers ripostent en ciblant les barrages et les bâtiments où se retranchent les attaquants.

 

Jassem (31 000 hab.) : l’une des premières villes à participer aux manifestations anti-régime (Mars/Avril 2011).

Le 1er Avril 2012, il a été rapporté que 4 militaires du régime furent abattus par l’ASL lors de combats à Jassem.

Entre le 12 et le 13 Novembre, de violents accrochages éclatent au sein de la ville.

 

Hirak (20 000 hab.) : cette petite ville avait servi de base à l’ASL durant tout l’hiver 2011/2012 au moins.

Le 6 Mars 2012, elle est pilonnée puis attaquée par l’armée et des combats intenses s’ensuivirent. Des quartiers résidentiels ainsi que la mosquée d’al Hirak (héritage historique) sont touchés par les obus du régime. Les habitants sont également  témoins d’arrestations arbitraires, de pillages et de vandalisme de la part de soldats d’al Assad.

Près de 6 mois plus tard, le 22 Août, une nouvelle bataille y fait rage et l’ASL est obligée de se retirer deux jours plus tard.

A la mi-Novembre, les révolutionnaires font de nouveau leur entrée à al Hirak et leurs positions sont bombardées.

 

Nawa (47 000 hab.) : en Août 2012, des blindés de l’armée sont aperçus dans les rues de la ville.

 

Bosra (20 000 hab.) : à la mi-Octobre 2012, des tirs nourris venant des barrages sur la route principale sont entendus. L’armée bombarde également certaines parties de la ville.

Il est rapporté que de violents accrochages se déclenchèrent le 13 Novembre à l’est de Bosra.

Advertisements
Cet article, publié dans Rapports, est tagué , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s