Synthèse des évènements dans le gouvernorat de Homs

Gouvernorat de Homs:

Homs (1 035 000 hab.)

Homs (1 035 000 hab.)

La région de Homs fut la première étincelle de la lutte armée contre le régime. Les combats s’y poursuivent toujours depuis Ramadan (Août) 2011. Même si aujourd’hui l‘intensité des attaques ravageuses n’est due qu’aux raids aériens et au pilonnage de l’artillerie du régime.

Al Rastan (60 000 hab.) : est la première ville à être libérée très tôt par ce qui sera connu comme étant l’ASL et les révolutionnaires armés. Ceci grâce aux larges défections qui eurent lieu en Septembre 2011. Les combats les plus violents en cette année-là avaient permis de chasser les forces loyalistes qui étaient positionnées pour réprimer les manifestations par la force létale. La présence de ceux-là remonte au mois de Juin 2011.

Une dizaine de véhicules blindés au moins appartenant aux brigades d’al Assad furent détruits lors de la bataille. Cependant ils parvinrent à réoccuper la ville le 1er Octobre avec leur lot de dizaines de victimes civiles.

Ce contrôle fragile et de courte durée va céder néanmoins face aux attaques de guerre asymétrique fréquemment menées par l’ASL. Ces attaques accompagnées d’une nouvelle vague de désertions en Janvier se sont traduites finalement par une offensive plus intense. Elle permit ainsi à l’ASL de libérer la ville et ses environs en Février 2012, après moins d’une semaine de combats.

Cela fut une bonne raison pour les forces d’Assad de continuer à bombarder violemment la population sans discernement jusqu’à aujourd’hui. Bombardement qui encouragea aussi des généraux à faire défection à leur tour. En Mai 2012 deux nouvelles offensives du régime pour chasser l’ASL se soldèrent par deux échecs successifs et des pertes non négligeables (23 morts, 15 capturés, 3 véhicules blindés détruits et un capturé).

Une image d’al Rastan après les combats (Mai 2012)

Une image d’al Rastan après les combats (Mai 2012)

Talbisah (31 000 hab.) : parallèlement à Rastan, subissait le siège et les attaques du régime puisque se situant tout près l’une par rapport à l’autre. Et comme Rastan, l’ASL à Talbisah réussit à déjouer les tentatives du régime pour l’occuper. La dernière de ces tentatives infructueuses fut en Juillet 2012. Depuis, la ville est à ce jour assiégée par le régime.

Talbisah en ruines (Juillet 2012)

Talbisah en ruines (Juillet 2012)

Al-Qusayr (30 000 hab.) : après les manifestations et les dizaines de défections pendant l’été 2011, elle devint assiégée à son tour à partir de mois de Novembre de la même année.

Des combats plus intensifs virent le jour en février 2012 ponctués par un fragile cessez-le -eu en Avril avant que les combats ne reprennent de plus belle en Mai.

Avec le renfort d’une trentaine de défectionnaires de plus et un char de combat (T-62), l’ASL put attaquer les forces d’Assad barricadées dans la mairie et l’hôpital de la ville. Bien qu’on estima leur nombre à 400 hommes (dont une vingtaine de snipers responsables de la plupart des morts civils) le manque de soutien poussa près d’une centaine à déserter.

La perte de Baba Amr au mois de Mars 2012 conduisit les survivants de la brigade al Farouq à se joindre à leurs camarades à Al-Qusayr qui contrôlaient au moins la moitié de la ville. Durant ce mois aussi et celui qui suivit, une contre-attaque des forces assadiennes avec des chars et de l’artillerie visait à reprendre la ville mais se changea rapidement comme à l’accoutumée en une campagne de siège et de bombardement des quartiers civils. Ainsi, le pont qui reliait la ville à la frontière libanaise fut détruit en conséquence, coupant la route aux centaines de réfugiés fuyant vers le Liban.

En juillet 2012, furent nettoyés les derniers bastions de l’armée loyaliste à l’intérieur de la ville (dont la mairie).

A ce jour les combats reprennent régulièrement à al Qusayr avec l’armée du régime qui contrôle les routes et les environs menant à la ville.

Cela n’a pas empêché cependant l’ASL de réussir certaines opérations comme l’élimination du commandant du Hezbollah Ali Hussein Nassif lors d’une embuscade et la capture d’une douzaine de miliciens de l’organisation. Le Hezbollah opère à partir du Liban et bombarde de temps à autre al Qusayr avec des roquettes Grad et Katyusha de l’autre côté de la frontière, dans le Bequaa chiite (Hermel).

Char T-62 de l’ASL à al Qusayr

Char T-62 de l’ASL à al Qusayr

Talkalakh (18 500 hab.) : située à deux pas de la frontière nord libanaise, elle a connu très tôt la réponse du régime suit aux manifestations pour la liberté et la dignité. En effet en mi-Mai 2011 elle subit un violent pilonnage par des obus de chars et des roquettes. La ville est quasi déserte et en grande partie détruite, alors qu’une majeure partie des habitants a fui vers le Liban.

Puisque la ville n’a aucune valeur stratégique aux yeux du clan Assad, elle n’est occupée que par ce qui reste des habitants voulant protester jusqu’à la fin, protégés par quelques éléments de l’ASL (depuis Juin 2012 au moins).

Vers la fin d’Octobre, le régime décide d’encercler la ville en vue de s’en emparer.

al Houla : bien que n’étant qu’une vallée de plus de 50 000 habitants regroupant plusieurs villages alaouites autour d’une petite localité sunnite, c’est un centre régulier de protestations anti Assad. Elle attira le regard des yeux du monde entier par le massacre qui y a été perpétré lors d’une incursion de chabihas le 25 Mai 2012 (voir massacre d’al Houla).

On compte au total 116 morts et 300 blessés parmi les résidents sunnites entourés par les forces gouvernementales.

Un mois plus tard, suite aux efforts de l’ASL, les forces pro Assad sont repoussées à la périphérie du patelin.

Homs (750 000 hab.) : la troisième grande ville syrienne surnommée également la « Capitale de la Révolution » a connu dès le mois d’Avril 2011 le courroux du régime suite aux multiples manifestations organisées dans les différents quartiers de la ville. La plus grande a pu atteindre 100 000 personnes en Décembre 2011 à Khaldyé soit la deuxième en nombre après Hama.

Les premières opérations militaires à proprement parler de la part du régime contre l’ASL débutèrent en Septembre/Octobre 2011. Cette dernière s’étant transformée de petits groupes mobiles pour la défense des manifestants à des bataillons (al Farouk, Khalid ibn al Walid, …) regroupés sous l’égide de l’ASL (environ 2000 hommes).

Les bataillons de l‘ASL  réussirent dans un premier temps à contrôler Baba Amr, al Khaldiyé, Karam el Zeytoun et Bayadah entre autres. Ensuite, l’armée du régime représentée par des éléments 4ème division blindée (dont le 45ème régiment des forces spéciales) de Maher al Assad appuyés plus tard par des miliciens du Hezbollah, lance ses premières opérations contre les quartiers rebelles.

Ainsi, entre le mois d’Octobre et Novembre, de violents accrochages ont eu lieu dans différents quartiers (Deir Baalaba, Baba Amr, al Qusur). Il en résulta des dizaines de morts comprenant à la fois (à part égale presque) des civils, des défectionnaires et des soldats du régime.

L’ASL réussit à mettre en place des barricades pour protéger les manifestant et surveiller les allées et venues craignant des infiltrations de chabihas. Pendant ce temps, les chabihas procédaient régulièrement à des kidnappings suivis d’exécutions visant essentiellement des habitants des quartiers anti-régime.

En Décembre le pipeline qui alimente la raffinerie de Homs est détruit et 4000 hommes des forces assadiennes encerclent Baba Amr et l’entourent de tranchées. C’est aussi en ce mois que les premiers observateurs de la Ligue Arabe font leur entrée en scène sans qu’ils ne puissent faire quoi que ce soit pour améliorer la situation des Homsi (bombardements, insécurité, privations, détentions, …).

En Janvier, l’ASL réussit à contrôler au maximum les deux tiers de la ville et entre temps au 27, le régime bombarde Karam el Zeytoun et des chabihas y perpètrent des massacres contre des familles sunnites (au moins 30 morts).

Le mois suivant, Homs connut un violent pilonnage (qui coïncide avec le 30ème anniversaire du massacre de Hama) visant le quartier d’al Khaldiyé en particulier.

Des dizaines de bâtiments se sont complètement effondrés (avec des familles à l’intérieur) élevant le nombre de victimes civiles à près de 400 morts.

Ce qui reste après les bombardements intensifs des quartiers de Homs (Octobre 2012)

Ce qui reste après les bombardements intensifs des quartiers de Homs (Octobre 2012)

Alors que les combats s’intensifient autour de Baba Amr, les journalistes Rémi Ochlik et Marie Colvin qui rapportaient les horreurs du régime furent tués pendant ce qui laisse penser à un bombardement visant à faire taire les derniers témoins indépendants avant l’assaut final.

S’ensuivit une incursion des soldats de Maher du 28 Février au 1er Mars avec son lot de massacres et d’exécutions arbitraires contre des activistes et des captifs (civils ou combattants), alors que ce qui reste de l’ASL se replie du quartier.

Des actions militaires très musclées qui laissent penser que le régime syrien a très bien appris la leçon de Grozny par ses mentors russes et l’a parfaitement appliquée sur le terrain.

Les Chabihas ne s’arrêtent pas à Baba Amr, une cinquantaine de femmes et d’enfants à Karam el Zeytoun furent sauvagement assassinés huit jours plus tard (viols, égorgements, mutilations, …).

Les bombardement se poursuivirent du mois de Mars 2012 et jusqu’en Octobre de cette année ci visant al Khaldiyé en particulier mais ayant touché plus d’une fois des quartiers comme Bab Sbaa (évacué par l’ASL en Mars), Jurat al Chayah, al Qarabis, al Bayada et l’Ancienne Cité tenus totalement ou partiellement par les révolutionnaires.

En Juin, l’ASL essaye de récupérer Baba Amr. Les affrontements sont violents et le régime rapplique par des hélicoptères de combat. Le bombardement à el Khaldiyé se poursuit et s’intensifie et al Sultania est visée à son tour en plus de Jorat al Chayah. Le même mois cependant, la base de missiles anti-aériens (SA-2) « al Ghanto » au nord de la ville est brièvement occupée par l’ASL. Ne pouvant récupérer que de l’équipement léger, ses membres se replient de la base avant le bombardement et la contre-attaque du régime.

En Août, l’armée lance des opérations d’arrestations et de détentions arbitraires d’environ 350 jeunes habitants du quartier al Shamas. 10 sont tués et le sort des quelques 340 autres est inconnu à ce jour. Al Ghouta partagée entre le régime et les révolutionnaires est bombardée.

En Octobre, Homs essuie le pire bombardement depuis des mois (on parle d’une moyenne de 5 à 10 projectiles par minute) incluant des avions militaires, des chars et des pièces d’artillerie contre des quartiers comme al Khaldiyé, Qosour, Hamidiya, Jourat al Chayah et l’Ancienne Cité tenus par l’ASL tout ou en partie (au total à peine 20% de la ville). Il est généralement suivi par des opérations d’incursion éclair à l’entrée des quartiers de la part de l’armée assadienne. Cependant, vu la résistance acharnée de l’ASL, les pertes importantes essuyées et le manque d’hommes loyaux, elle n’a d’autre choix que de se retirer et recourir au bombardement à distance.

En Novembre, des blindés font leur entrée à Deir Baalba pour chasser l’ASL le 4.

La banlieue d’al Waer est investie par les chabihas et les forces de sécurité le 15.

Des bombardements se font depuis le quartier alaouite Abbasiya le 19.

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