La question brûlante de l’ingérence extérieure (1) – un tabou qui saute face à la barbarie du régime

Le but de ce billet n’est pas de discuter du principe d’ingérence et de non-ingérence du point de vue du droit – nous sommes incompétents sur ce sujet – mais d’apporter des éléments de réflexions sur une question qui se pose concrètement aujourd’hui : les révolutionnaires syriens doivent ils accepter une aide étrangère ? N’est ce pas là une traîtrise que d’appeler à un soutien hors des frontières nationales, comme le rappelle sans cesse le régime syrien ?

De l’abus du principe d’ingérence… à l’abus du principe de non-ingérence

Il n’y a aucun risque à affirmer la règle suivante :

Dans l’histoire de l’Humanité, AUCUN courant n’a échappé à une utilisation malsaine autant que malintentionnée de ses principes fondateurs. Combien de guerres, combien de vols et combien de crimes ont été commis au nom de principes dits supérieurs, par des hommes machiavéliques qui ont besoins de justifier leurs méfaits en arborant des étendards mensongers afin de cacher les objectifs réels qui motivent leurs intentions.

Ainsi en est-il du principe du droit d’ingérence qui permet de passer outre le principe de non ingérence selon lequel un Etat ne doit pas intervenir dans les affaires intérieures d’un autre Etat, principe qui reste la règle en temps  normal. La question de l’ingérence, et notamment celle de l’intervention, se pose dans des cas exceptionnels où, par exemple, des cas de violation des droits de l’homme sont avérés : un Etat peut alors légitimement intervenir pour faire cesser les violences et soulager les blessés. Enoncé ainsi, le droit d’ingérence se défend et est presque inattaquable : de même que l’Etat se donne le droit de s’ingérer dans le cercle familial en cas de violation de droits fondamentaux (comme dans le cas d’enfants battus), la communauté internationale ou un Etat se donne le droit de s’ingérer dans les affaires d’un autre Etat dans le cas de violation de droits fondamentaux.

Dans les faits, le droit d’ingérence a été utilisé pour servir les  intérêts de certains Etats (pas forcément les mêmes) : trop souvent, derrière l’ingérence humanitaire se cachent des ingérences politiques, économiques, etc. Le cas de l’Irak suffit comme exemple tragique ; personne n’est dupe quant aux intentions réelles des Etats-Unis qui conduisirent la coalition chargée d’attaquer l’Irak en 2003.

Tirant les leçons des utilisations abusives du droit d’ingérence, beaucoup d’intellectuels, notamment d’extrême gauche, ont fini par sacraliser le principe de non ingérence : l’ingérence étant toujours sélective, et forcément motivée par des objectifs non-dits, elle ne peut prétendre être une bonne solution au problème posé. Pourtant, ces intellectuels ne voient pas l’utilisation abusive qui est faite aujourd’hui du principe de non-ingérence ! C’est indéniablement le cas du régime syrien qui réprime continuellement depuis un an, emprisonne et torture, et qui refuse toute ingérence dans ses affaires intérieures; un régime qui enlève et torture massivement, qui tire sur des civils, qui bombarde des quartiers résidentiels, et qui veut continuer à massacrer en paix au nom du principe de non-ingérence !

Il nous paraît plus correct de dire que chaque pouvoir défend en premier lieu ses intérêts, et que ce pouvoir utilisera et défendra le principe qui l’arrangera en fonctions de ses intérêts.

Un indice pour localiser l’abus des principes consiste à ne pas cantonner la réflexion au niveau des dits principes, ce qui donne des discussions peu éclairantes bien qu’intéressantes, mais de repartir de la réalité et de chercher où se trouvent les mensonges : les Etats-Unis ont menti sur les armes de destruction massives qu’était censé détenir Saddam Hussein, la Syrie ment sur la présence de gangs armés étrangers et l’absence de répression…

Discuter de la question, mais avec qui ?

Avant d’aller plus loin, il convient d’éliminer du champ de réflexion tous ceux qui ne soucient pas réellement du sort des syriens, et dont les avis ne viendront que parasiter une question déjà difficile.

Les syriens ne doivent pas réfléchir à la question en fonction des déclarations des Etats ; nous avons vu que ces derniers ne protègent que leur intérêts, et n’ont que faire des préoccupations du peuple syrien.

Les syriens ont rejeté le soutien hypocrite de Bernard Henry Levy. Il est évident que ce dernier ne cherche aucunement le bien de la population syrienne, lui qui s’affirme être l’ « ami des syriens »  en oubliant de préciser qu’il est pro-Israël et donc l’ennemi des palestiniens. Les syriens devraient, au même titre, rejeter tous les « intellectuels » qui ne réfléchissent qu’en termes géostratégiques : ceux qui veulent préserver un « axe chiite », ceux qui veulent au contraire le casser, ceux qui soutiennent le régime parce qu’ils sont anti-israéliens, etc. Ces derniers, en se plaçant à l’échelle régionale du Moyen Orient, ne portent guère d’attention sur la situation des syriens à l’échelle humaine.

N’oublions pas ceux qui croient encore à la thèse du complot et/ou ceux qui ignorent quasiment tout de la Syrie : quelle pertinence accorder à leur avis sur l’analyse du futur, vu qu’ils se trompent sur le présent et sur le passé ?

Il ne reste pas beaucoup de monde pour mener la réflexion, nous en sommes conscients. Le souci directeur doit être la population syrienne, notamment celle qui est soumise à la répression des forces d’Al-Assad, tout en prenant en compte les enjeux géopolitiques. Ceux qui placent d’autres considérations avant les questions humanitaires et qui viennent ensuite prodiguer leurs conseils n’ont pas les inquiétudes qui habitent les syriens.

Out donc les propagandistes d’extrême droite qui disent vouloir le bien des Arabes, out les proches du régime syrien qui ne pensent qu’à leurs petits intérêts, out les faux antisionistes qui se battent pour le maintien de la puissance iranienne, out les impérialistes qui disent s’inquiéter des syriens en fermant les yeux sur les crimes israéliens, out les anti-impérialistes qui s’accommodent du sang syrien pour leur soit disant combat…

Le dilemme des démocrates

A toute fin utile, on rappellera à ceux qui ont découvert la Syrie en mars 2011 et qui n’hésitent pas à venir faire la leçon aux syriens, que l’opposition et la population syrienne sont extrêmement conscients des enjeux régionaux et des conséquences d’une ingérence étrangère, notamment des risques d’une intervention militaire.

Suite à la chute de l’Empire Ottoman en 1919 et le partage des pays du Proche Orient (accord Sykes-Picot) la Syrie est en proie à diverses tentatives d’influences extérieures si bien que s’est installé dans la conscience générale la peur d’une emprise étrangère, qui a ensuite construit un sentiment nationaliste fort chez les syriens, nationalisme instrumentalisé et exacerbé par le pouvoir des Assad. L’attaque américaine de l’Irak en 2003 alimente les débats de l’opposition syrienne qui constate la situation catastrophique de l’Irak démocratisée par Bush.

En particulier, la Déclaration de Damas pour un Changement Démocratique en 2005 tente de surmonter ce qui sera appelé le dilemme des démocrates :

Dans quelle mesure une réforme de l’intérieur est-elle envisageable avec un régime fermé comme le régime syrien ? Une intervention extérieure est-elle la seule solution envisageable pour se débarrasser d’un pouvoir clanique, corrompu, sécuritaire et policier ?

C’est que le régime des Assad refuse de se réformer ; cinq ans après l’arrivée de Bachar Al-Assad au pouvoir, les progrès sont quasi-inexistants. En même temps, l’Irak post Saddam Hussein interdit de considérer l’option de l’aide étrangère, sujet déjà tabou pour la grande majorité des syriens. Ainsi, l’opposition est paralysée entre sa critique du régime des Assads et celle de l’impérialisme américain, surtout que le régime syrien s’empresse de confondre la critique du pouvoir avec la trahison de l’intérêt national.

De fait, la Déclaration de Damas pour un Changement National Démocratique, signée par des islamistes, des laïques et des kurdes, propose une alternative aux prévisions catastrophistes du pouvoir qui veut que seuls le chaos ou un émirat islamique intolérant puissent succéder à la fin du régime des Assad (vous remarquerez que c’est exactement ces épouvantails qu’agite le régime aujourd’hui) ; l’opposition syrienne demande alors, en 2005, un changement démocratique sans intervention extérieure.

Cependant, le régime ne répond aucunement aux revendications de l’opposition, il reste sur sa ligne sécuritaire et autoritaire, tout en continuant à jouer des risques d’une intervention étrangère. Après 2005, la situation régionale (crise libanaise et Irak post Saddam) continue de jouer contre l’opposition syrienne, tandis que le pouvoir damascène s’en sert astucieusement pour garder les syriens prisonniers du contexte géopolitique. Sourd aux revendications formulées, le régime n’est pas muet quand il s’agit d’accuser de trahison quiconque cherche à le réformer.

Face à la surdité du pouvoir, la tentation est grande pour l’opposition de faire appel à l’aide étrangère afin de  tourner la page assadienne, à l’image des mobilisations de l’Europe de l’est. Cependant, l’opposition syrienne de l’intérieure se refuse à toute idée d’intervention, aux conséquences incertaines et potentiellement catastrophiques. L’opposition avait déjà refusé les projets de démocratisation de Bush. Elle avait également pris ses distances avec certains opposants soutenus par les Etats-Unis, notamment le Parti de la réforme de Farid Ghadri, en parti financé par l’AIPAC.

C’est avec cette conscience politique que débute les premières manifestations, en mars 2011.

Chronologie

Alors que les tunisiens ont ouvert le bal en réussissant une révolution aussi rapide qu’inattendue, que les égyptiens ont fait tomber Moubarak, que la rue yéménite voit des manifestations monstre de plusieurs centaines de milliers d’anti-Saleh, et qu’il ne fait pas grand doute que Kadhafi finira par céder le pouvoir ; les syriens se disent tous que leur cas est un cas à part. Habités par les convictions mentionnées plus haut, les plus optimistes voient dans le printemps arabe l’occasion de voir enfin se concrétiser une réforme de l’intérieur. Aussi, les premières manifestations ne demandent nullement la chute du régime (comme ailleurs dans le monde arabe), mais Liberté et Dignité. Mais le régime syrien a montré dès le début, avec la violence que l’on sait, qu’il n’entendait nullement discuter des revendications du peuple.

Voici l’intervention d’Abu Roumia, devant l’assemblée du peuple. Vous remarquerez qu’il cherche une solution à la crise provoquée par Atef Najib (cousin du président Bachar Al-Assad) sans jamais remettre en cause le pouvoir. Abu Roumia n’est pas avare en compliments à l’adresse du président, et rappelle sans cesse son patriotisme et sa loyauté.

Cette intervention parmi d’autres montre que les syriens ont, en dépit des violences des premières semaines, demandé un règlement de la crise qui prennent en compte leur revendications et qui mette fin à l’arrogance du pouvoir, ainsi que sa surdité. Malheureusement, on connaît la suite des événements : le régime a préféré nier la contestation (l’intervention de Abu Roumia devant l’assemblée du peuple a été supprimé), crier au complot, engager des chabihas pour réprimer, envoyer l’armée pour contenir la population, enlever les manifestants pour les torturer.

Assez rapidement, les manifestants ont demandé la chute du régime, mais il est remarquable de constater qu’ils n’ont pas fait mention d’aide étrangère. En fait, les seuls à parler d’intervention extérieure sont les pro-régimes pour accuser les manifestants de vouloir une intervention de l’OTAN.

Question sensible pour les syriens, le régime a réussi l’exploit de faire sauter le tabou d’une aide étrangère. Face à la barbarie croissante du pouvoir, la question est alors ouverte :

–       Comment et avec quelle aide arrêter la folie sanguinaire des forces d’Al-Assad ?

La réponse à cette question révèle beaucoup de surprises.

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26 commentaires pour La question brûlante de l’ingérence extérieure (1) – un tabou qui saute face à la barbarie du régime

  1. yabachar dit :

    Salam, les pro-bachar n’ont rien contre l’ingérence russe ou chinoise en syrie…

  2. Hadj1978 dit :

    Salaam syrieux,
    Merci pour les articles que tu postes. Dans chaque conflit, il y a récupération par rapport aux intérêts d’une puissance hégémonique. Les pro-bachar dénoncent souvent l’ingérence des occidentaux mais oublies souvent l’ingérence des russes et chinois dans leur pays.

    • syrieux dit :

      Merci Hadj1978, j’espère que les prochains articles continueront à vous donner satisfaction 🙂

      il y a une simplicité dans la lecture des évènements de la part des pro-Assad qui est déroutante! Vous en dénoncez deux aspects, à raison.

  3. Rodydecoue dit :

    Je reviens faire un petit tour, pour lire ce que ce trouble personnage de « pas très sérieux » a encore à proférer. Out, dit-il des 99% de ceux , qu’il décide d’inculte sur la Syrie, pour n’en retenir que quelques uns dont bien évidemment lui, l’élu. Parfois, j’ai vraiment l’impression qu’il doit passer ces soirées à pratiquer la fumette tellement ses propos son incohérents et dangereux.
    Il est tellement enfermé dans sa logique de radical islamique qu’il est prêt à vendre son pays quel qu’en soit le prix humain. Heureusement, la situation ne se passe pas comme, il l’a rêvé dans ses soirées de délire. Les Syriens ont semble t-il assez de fibre nationale pour résister à ces hordes haineuses de frères musulmans qui veulent enfermer les peuples dans un système de société arriérée.

    • syrieux dit :

      Out tous ceux qui ne se soucient pas du peuple, et sont complètement insensibles aux crimes des Assad. Vous en faites partie.
      Out les incultes, vous en faites doublement partie.

  4. Sequoya dit :

    C’est très de voir ça.

    J’ai recherché dans vos archives, il n’y aucune allusion au rapport de la ligue arabe qui a été censuré et qui contredit votre propagande, car c’est bien ce que vous faites, vous relayez la propagande de l’opposition et tirer sur tout ce qui la contredit.

    Et coté ingérence, il y a de l’ingérence en Syrie depuis au moins 2005 de la part des américains, avec leur principe d’instabilité constructive.

    De plus les moyens de communications et l’entrainement des propagandistes de l’opposition(qui surclasse de très loin de la régime syrien plutot malhabile dans ce domaine) est aussi l’oeuvre d’ONG américaine et Européenne.

    L’ingérence il y en a déjà, tout ce bel article ne vise qu’à noyer le poisson.

    • syrieux dit :

      Il n’y a aucune allusion au rapport de la Ligue Arabe tout comme il n’y a rien sur la fausse vidéo de AlMouallem sur les siots disants salafistes! Ce n’est pas un blog d’informations.

      Amusant sinon de voir que vous ne voyez pas toutes les ingérences. Je publie la partie 2 de l’article ce soir ou demain, et je défends l’idée (pourtant évidente) que les états font toujours de l’ingérence, y compris votre régime chéri.

  5. Sequoya dit :

    De plus en plus, je crois que vous êtes de ceux financés et formés par ces ONG pour disséminer la propagande de l’empire sur internet.

    • syrieux dit :

      Prouvez le alors, ou fournissez nous des éléments concrets.
      Je ne vous accuse pas de travailler pour l’ambassade, ou pour pour l’extrême droite.

      Je n’étais pas actif sur le net avant, pas de blog, pas de compte youtube, un compte facebook que je ne regardais jamais. Quand j’ai eu des choses à dire, je l’ai fait, en me formant tout seul. Pas besoin de me former ou de me payer, les injustices des Assad est une grande motivation pour moi. Vous ne savez pas ce que ma famille et mes amis subissent à Homs.

  6. Sequoya dit :

    Autre la totalité des mouvements du printemps Arabe est l’oeuvre d’individus et de groupe organisé, formé, entrainé, supporté avec du matériel électronique fournit par des ONG américaines et européennes

    On est loin des mouvement spontané qui vient de la base du peuple.

    • Belquis dit :

      Les Tunisiens et les Egyptiens, meme en se doutant d’ une ingerence etrangere, sont tres heureux de ne plus avoir a leur tete 2 dictateurs pro-sionistes. Car la base du peuple a tente plusieurs fois de se defaire de leurs chaines, sans succes, la repression etait terrible (la torture n’ est pas une exception Syrienne) sans compter l’ aide de pays etrangers pour maintenir ces 2 marionnettes (qu’ ils ont fini par lacher).

  7. Sequoya dit :

    Et autre chose, le CNS et l’ASL entre autre, ont réclamé à de très nombreuses reprises une intervention étrangère.

    L’OTAN a essayé d’intervenir, mais heureusement la Chine et la Russie les a bloqués.

    On sait tous que l’OTAN ne sauve personne.

    • Belquis dit :

      Parce que vous pensez que la Russie et la Chine s’ inquietent du sort des Syriens.
       » Les etats n’ ont pas d’ amis que des interets « 

  8. Sequoya dit :

    Il est où le 80% des hauts-fonctionnaires près à lacher le régime syrien?

    https://syrianfacts.wordpress.com/2012/01/13/80-des-hauts-fonctionnaires-prets-a-lacher-le-regime/

    Les défections sont toujours très minoritaires et on fait souvent beaucoup de bruit avec rien, et vous participez à ce bruit.

    • syrieux dit :

      La barbarie du régime empêche les défections. Je comprends qu’un officier soit hésitant, si cela met en danger sa famille. Doit-on vous rappeler ce qui est arriver à la famille de certains défectionnaires? Ah oui, c’est ces fameux gangs armés qui ont eu la bonne idée de s’attaquer à la famille de ceux qui viennent rejoindre l’opposition(sic!!)

      Sinon, le chiffre de 80% est une citation, je n’ai pas d’estimation personnelle. Mais on se doute que beaucoups doivent être insatisfaits des mesures répressives en cours. Tout peut s’accélerer, la question est de savoir quand.

  9. yfren dit :

    Le fils à sa maman Anissa n’a que faire des supplications d’un pauvre citoyen syrien comme Abu Rumia même avec tout le cirage de pompes qui va avec.
    Le vilain petit canard à sa capricieuse de femme écoute et obéit aux recommandations de ses « conseillères » secrètes très particulières…

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