Quelques réflexions sur la thèse des partisans de Bachar (4)

Suite de la troisième partie.

Le terrorisme fréfro-djihadisto-alqaïdo-salafiste

Niant purement et simplement les aspirations de son peuple, le régime syrien impute la responsabilité des événements à des groupes armés fréfro-djihadisto-alqaïdo-salafiste, entre autre.
Combinaison aussi fantasmée qu’improbable, il ne faut vraiment rien connaître à ces mouvements pour pouvoir enchaîner ces mots sans honte.
Alors, résumons ce qui est dit sur ces soit disant fomentateurs de troubles :
– ils sont islamistes
– ils sont salafistes
– ils sont financés par l’Arabie Saoudite ( et donc wahhabites)
– ils sont soutenus par Al-Qaïda
– ils sont liés aux frères musulmans
– ils sont financés par la famille Hariri
– ils sont aidés par les Etats-Unis
– ils sont soutenus par Israël
– ils sont sionistes
– et un peu par la Turquie aussi
– ils ne sont pas syrien
– s’ils sont syriens, ce sont des traîtres

Cette liste est bien évidemment non exhaustive (j’ai récemment entendu voyou et racaille…).
Remarquons tout d’abord que cela est digne d’une bonne propagande américaine ou israélienne. Le terrorisme islamique est vraiment l’épouvantail moderne par excellence, sorte de formule magique pour toute puissance qui cherche à justifier ses massacres. Rappelons que Ben Ali a tenté cette carte, Moubarak également, ainsi que Kadhafi.
Ce mensonge est destiné à « donner à manger à tout le monde », car avouez qu’il est difficile de ne pas trouver dans cette liste un mouvement ou un pays que vous ne détesteriez pas!

Unité
Il n’est pas totalement faux de dire que le régime syrien assure l’unité du pays, mais ce n’est pas la question. Plus précisément, la question est de savoir comment s’effectue cette unité. Dans l’injustice et l’humiliation, elle est inacceptable, et c’est bien cela qui est reproché au régime syrien.
Et puis, avouez qu’assurer l’unité d’un pays dans une dictature n’est pas très original puisque, de fait, un dictateur est aimé par 99% de sa population.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que Bachar est le seul garant de l’unité du pays et que vous n’avez pas le choix.
Seulement, les syriens n’ont jamais eu le choix et que le faux choix qui leur est présenté ressemble à choisir entre la peste et le choléra. Par ailleurs, les syriens n’ont pas besoin de Bachar, la cohabitation millénaire des différentes composantes de la population syrienne étant bien antérieure au régime des Assads, elle lui survivra sans problèmes.
Là encore, Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ont tenté cette carte, avec le succès que l’on connaît. Ainsi, des rumeurs, complètement infondées, voulaient que des islamistes aient attaqué une synagogue en Tunisie. En Egypte, un attentat bien réel contre une église s’avéra être le fait du régime égyptien qui voulait décrédibiliser les manifestants égyptiens.

L’amour pour un dictateur
Rappelons ici la célèbre phrase d’Ibn Khaldoun :
« les arabes se sont entendus pour ne jamais s’entendre ».
Apparemment, la caractéristique des arabes est l’existence de problèmes dès qu’ils sont plus de trois. Cette vision est sans aucun doute exagérée, et loin d’être propre aux arabes. Toujours est-il qu’il est risible d’entendre que non seulement l’écrasante majorité du peuple syrien aime Bachar, mais en plus qu’ils l’aiment de la même intensité, c’est à dire à en mourir.
C’est d’ailleurs ce qui extrêmement frustrant avec les proBachar, ce déni constant de la réalité doublé d’un prolongement de la dictature : Ne pas aimer Bachar est en soit une faute grave qui fait de vous potentiellement un traître.

Alors, la prochaine fois qu’on tentera de vous parler de tout sauf des syriens, refusez la stratégie de diversion!

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5 commentaires pour Quelques réflexions sur la thèse des partisans de Bachar (4)

  1. Ping : Libye et Syrie: Thierry Meyssan désinforme contre les révolutions. « contresubversion

  2. Ping : Quelques réflexions sur la thèse des partisans de Bachar (3) | syrianfacts

  3. Dilate dit :

    Tout cela est formidablement bien dit, je le vis au quotidien. Je le résumerai en une phrase bien connu : « qui veut tuer son chien l’accuse de la rage »…

  4. Ping : Quelques réflexions sur la thèse des partisans de Bachar (1) « annie bannie's Weblog

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